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10/07/2008

DROIT DE REPONSE


  A
Monsieur le Directeur de publication du Journal "Nord Sud"

  OBJET : Droit de réponse

Monsieur le Directeur de Publication,

Dans votre parution du Mercredi 09 juillet 2008 , vous barrez à la grande une ''Café-cacao: AFFI maintient la pression ; Kili et Zoungrana vont quitter la MACA ". Dans le corps du journal et à la page 4 , Lanciné Bakayoko l'auteur de l'article m'attribue un certain nombre d'actes répréhensibles que j'aurais commis pour obtenir la libération de M me Kili Angeline PCA du FRC et Placide Zoungrana PCA de l'ARCC parce que gravement affecté par l'incarcération de ces deux dirigeants de la filière café-cacao.

En effet, dans cet article, votre collaborateur écrit : " Le Président du FPI a décroché auprès de Laurent GBAGBO une promesse d'élargissement d'Angeline KILI (FRC) et Placide ZOUNGRANA (ARCC) soupçonnés de détournement de sommes astronomiques." Plus loin il précise " Pascal AFFI N'Guessan a sorti les griffes pour éviter la prison aux cadres du Front Populaire ivoirien (FPI) incriminés dans le scandale. De fortes pressions, parfois au fer rouge, ont été exercées sur les magistrats pour qu'ils changent le cours normal de l'histoire…"

Poursuivant ses accusations, le journaliste affirme : " Le patron du parti au pouvoir affecté au double plan émotionnel et politique, multiplie les initiatives et les pressions. […] Affi N'Guessan à l'issue des tractations au sommet, a pu obtenir l'engagement ferme du Chef de l'Etat de tout mettre en œuvre, pour accorder la liberté provisoire à Angeline Kili (FRC) et Placide Zoungrana (ARCC) deux éléments clés dans le dispositif du parti présidentiel" .

L'objectif manifeste de ces affabulations graves et diffamatoires est de porter atteinte à mon honorabilité et à ma crédibilité.

Je tiens à vous rappeler que depuis le déclenchement de la vague d'arrestations des dirigeants de la filière café-cacao, je n'ai eu contact avec le Président Laurent GBAGBO, que le Vendredi 27 juin 2008 et ce, en compagnie du 1 er Vice-président, du Secrétaire National chargé des élections et du Secrétaire National chargé de la Politique Agricole , par ailleurs PCA ARCC ; qui peuvent témoigner qu'à aucun moment la question de la libération des personnes incarcérées n'a été évoquée. A l'issue de cette rencontre le FPI a produit une déclaration dans laquelle, " le FPI salue l'initiative du chef de l'Etat qui traduit ainsi dans les actes son engagement clairement exprimé de moraliser la vie publique, et l'encourage à lutter sans complaisance contre tout comportement attentatoire à la bonne gestion des finances publiques ".

Depuis cette date, je n'ai eu aucun contact de quelque nature que ce soit avec le Président de la République en vue de l'élargissement des personnes incarcérées et je n'ai mandaté quelques émissaires que ce soit dans ce sens.

Il en est de même s'agissant des magistrats chargés de l'affaire, notamment le procureur de la République que je ne connais qu'à travers la presse et le juge d'instruction qui m'est totalement inconnu. Dans ces conditions, comment ai-je pu exercer des pressions au fer rouge sur ces magistrats et au surplus, sur le Président de la République ?

C'est pourquoi, je suis stupéfait par ces écrits mensongers et intentionnellement malveillants, diffamatoires et insultants. Le caractère sacré des faits, principe cher à tout journaliste professionnel n'a été nullement la préoccupation de votre collaborateur.

L'acharnement à vouloir coûte que coûte présenter le Président du FPI comme une personne aux abois et le Front Populaire Ivoirien comme un parti en crise du fait de cette opération mains propres, est vain.

Je suis serein et ne suis nullement ému par tout ce qui se fait et se dit autour de cette affaire. Mon attitude à l'égard des cadres militants du FPI incarcérés dans le cadre de cette affaire, est celle que j'ai toujours eue chaque fois qu'un cadre militant a été affecté dans sa vie familiale ou professionnelle.

Au demeurant, le Front Populaire Ivoirien est certes concerné par cette affaire, puisque certains de ses cadres militants sont inculpés, mais n'est nullement responsable, n'ayant pas en charge la gestion quotidienne des Affaires gouvernementales depuis 2003. Ce n'est ni sa politique ni sa gestion qui sont en cause dans cette affaire.

Au contraire, en saluant dans sa déclaration du 30 juin 2008 l'initiative du Chef de l'Etat, le FPI montre aux yeux de l'opinion Nationale et Internationale la voie de la cohérence et de la responsabilité. La défense des principes qu'il s'est imposé et des valeurs auxquelles il adhère transcende toute autre considération.

Du reste pourquoi la mise en liberté provisoire de personnes inculpées mais non encore condamnées devrait faire l'objet de tractations et susciter tant d'émotion ; la liberté provisoire est un droit établi par le code de procédure pénal ivoirien et qui découle de la présomption d'innocence. Tout comme la détention préventive, la mise en liberté provisoire relève de l'appréciation souveraine du juge d'instruction. Pourquoi donc faire croire à l'opinion que la prise d'une telle décision " ferait planer inévitablement de sérieux doute sur la crédibilité de l'ensemble de la procédure judiciaire déclenchée dans le cadre de cette opération mains propres ".

En écrivant cela et en menant cette campagne de presse, c'est vous au contraire qui exercez des pressions, tentez d'influencer le déroulement de l'instruction et de mettre en cause l'impartialité, donc la crédibilité du juge d'instruction.

Avec les responsabilités qui sont les miennes à la tête du Front Populaire Ivoirien et ayant occupé de hautes fonctions dans ce pays, je ne peux tolérer ni admettre que l'on tente de présenter de moi l'image d'un homme politique intriguant et manipulateur.

Ces pratiques, au demeurant ne sont ni dans mon éducation ni dans ma culture. Je fais entièrement confiance à la justice de mon pays pour dire le droit dans cette affaire.

Tout en me réservant le droit d'engager des poursuites judiciaires qu'appelle cet article diffamatoire, je vous prie de faire publier ce droit de réponse dans les mêmes conditions que l'article incriminé.

AFFI N'Guessan Pascal

Président du FPI

 


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